18.10.2019

Le yiddish

Quoi de neuf - Nouvelles du bilingue - 1/2019

Le yiddish comme exemple des « langages juifs »

Introduction

Des « langages juifs » se sont toujours formés aux endroits dans le monde entier où des communautés juives, une diaspora s’était formée. C’était un mélange de la langue utilisée dans le lieu concerné et des langues traditionnelles juives, l’hébreu et l’araméen. On distingue parmi elles les deux plus importantes, le ladino ou judéo-espagnol qui s’est formé et pratiqué avec les Juifs séfarades dans la péninsule ibérique et le yiddish, un mélange d’allemand et de juif qui s’est formé en Europe de l’est, parlé par les Juifs askhénazes (d’ailleurs askhénaze en yiddish signifie allemand).

Dans notre article nous allons nous intéresser au yiddish.


I

Donc le yiddish est né en Europe centrale où des Juifs sont répertoriés depuis le 9ème siècle et s’est répandu en Europe de l’est comme langue courante. C’est ici que celui-ci a connu une autre évolution : il est devenu la langue du quotidien dans les « Schtetl » (on constate la ressemblance énorme avec le diminutif « Städtele » en allemand) ou un rassemblement d’habitations juives, donc le quartier juif.

Depuis la fin du 13ème siècle, le yiddish a encore connu une autre évolution, il s’est fait une place en tant que langue littéraire. Au 19ème siècle deux mouvements ont favorisé la formation d’une langue littéraire yiddish moderne : le classicisme et la « Haskala » (le siècle des Lumières pour les Juifs de l’intérieur). Le classicisme l’aide à prospérer (à trouver une nouvelle prospérité) alors que les tenants du siècle des lumières publiaient des textes, dans lesquels ils critiquaient les conditions existant dans le Schtetl (le quartier juif) -> on retrouve le diminutif allemand Städtele : petite ville. Bien plus, ils auraient préféré écrire dans la langue juive « pure », l’hébreu, mais alors ils n’auraient pas touché les masses populaires ni les femmes. Donc ils ont eu recours au yiddish en premier lieu pour des raisons pragmatiques.

On considère comme père de la littérature moderne juive trois hommes qui ont vécu à la même époque : Mendele Mocher Sforim (1835-1917), Isaac Leib Perez (1851-1915) et Scholem Aleichem (pseudonyme de Schalom Rabbinourtsch) (1859-1916). Convaincu des idées du « siècle des lumières » Mocher Sforim écrivit d’abord en hébreu. Dans l’intention de toucher un large public, il se tourna vers le yiddish. Pour la génération suivante d’écrivains, il passe pour être le créateur et le fondateur de la littérature juive récente. Ils l’appelaient avec tendresse leur « Zeide » ou grand père en yiddish.

Perez, quant à lui, commença dans les années 1880 à écrire en yiddish sous l’influence des pogroms cruels qui s’ensuivirent après l’assassinat du tsar Alexandre II (1881). A partir de 1891, il publia la bibliothèque yiddish, dans laquelle à côté de la littérature yiddish des textes de sciences populaires parurent dans l’intention de formation populaire. Il était collaborateur de journaux et éditoriaux et s’occupa de théâtre yiddish. On compte parmi ses œuvres les plus importantes les volumes de récits, les histoires populaires et les contes chassidiques. A la conférence de tenants du yiddish à Czernourtz (1908) où il s’agissait de faire prendre conscience qu’il y avait une littérature yiddish en lien avec son temps et à prendre en compte, Perez fut un orateur marquant. 100 000 seraient venues assister à ses funérailles.

Aleichem se tourna lui aussi vers la langue yiddish dans l’espoir de pouvoir éduquer la masse avec des histoires. Ils décrivent le type du » looser » constant qui ne désespère jamais et s’efforce toujours de faire face au triste quotidien avec humour. Dans le roman « Tewje, der Milchmann »(1894) il a pérennisé ce genre. Les histoires de Tewje ont servi de base à la comédie musicale « Tiddler on the roof » qui a été présentée à Broadway en 1964 avec succès et depuis est jouée sur toute les scènes du monde.

Pour les hommes moins cultivés, mais surtout pour les femmes qui n’étaient intégrées que partiellement dans le système éducatif traditionnel et ne maîtrisaient pas la langue des gens cultivés, l’hébreu, s’est formée une littérature d’une grande envergure dans un » allemand pour femmes », appellation dégradante utilisée fréquemment pour caractériser le yiddish. On retrouve ces idées dans le film Yentl avec Barbara Streisand. Mais nous y reviendrons dans le chapitre dédié à l'étude du vocabulaire. Un bon exemple en est le » Zenne Renne », un recueil de transcriptions de la bible, accompagnée d’illustrations et d’explications.

Dans les décennies suivantes, le « Zenne Renne » constituera le livre fondamental pour l’éducation et la formation de la femme juive.

Les mémoires de Gluckel von Hameln (1646-1724), une fille de famille riche de Hamburg, épouse, mère de douze enfants et gestionnaire d’entreprises commerciales. S’y reflète le quotidien des Juifs aisés en Allemagne du Nord à la fin du 17ème siècle et début du 18ème siècle. Avant la deuxième Guerre mondiale le yiddish était répandu dans le monde entier et constituait la langue maternelle de 12 millions de personnes. Puis il fut, ainsi que la littérature concernée, détruite en Europe de l’Est. Beaucoup d’auteurs émigrèrent Ensuite s’est reconstituée une scène littéraire, active.

On peut citer Isaac Bashevis Singer, Scholem Asch entre autres. Isaac Baschevis Singer obtint en 1978 le prix Nobel de littérature pour toute son œuvre littéraire yiddish.


II

On va voir comment le yiddish a évolué jusqu'à nos jours et la place qu’il occupe dans notre société mondiale. Un laboratoire de langue s’est constitué sur internet. Une association propose sur internet un trésor culturel exceptionnel : la culture et la langue yiddish disparue dans des exemples audio.

On citera www.yiddishkurs.org. Par les soins d’une petite association de Düsseldorf sont digitalisées de nombreuses heures d’enregistrements de yiddish.

L’objectif de cette association est de faire rencontrer une culture étrangère et ce par la vue et l’ouie, en effet elle est née au centre de l’Europe, dans l’espace Rhin-Danube et a connu son apogée dans le premier tiers du 20ème siècle, elle était utilisée par plus de 12 millions de personnes dans le monde entier, ensuite elle a presque disparu d’Europe.

Si on se transporte vers Tel Aviv, on constate le florissement de cours de langues pour apprendre le yiddish. Des étudiants du monde entier viennent l’été pour participer à ces cours et à leur avis, » le yiddish est un formidable outil expérimental et pas du tout quelque chose de dingue. (meschugge). Ils sont studieux, apprennent cette langue, en fait une langue morte. Cependant pour eux, le yiddish est vivant, le reflet d’une culture des Juifs de l’est détruite pendant l’holocauste.

Le vocabulaire s’est développé et actualisé pour s’adapter au monde moderne. De plus les relations entre l’allemand et le yiddish connaissent un nouvel essor. En effet dans la langue allemande, il y a des centaines de mots aux racines yiddish (on se contentera de citer deux ou trois mots meschugge, mischpoche et Ganove, cela fera ultérieurement le sujet d’une étude comparative plus détaillée) ou avec une origine yiddish.

Cette étude ultérieure sera plus accessible aux germanistes, la langue des Juifs askhénases étant essentiellement de l’allemand. Lorsque les Juifs au 14ème siècle furent chassés d’Allemagne, ils restèrent attachés à leur langue, l’allemand. Cette culture survécut en Pologne, en Lituanie ou en Ukraine jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, lorsque le lien linguistique fut rompu brutalement.

L’extermination des Juifs européens contribua à la mort du yiddish. Aujourd’hui il est parlé aux Etats Unis en Amérique du Sud et en Israel.

Pourquoi un tel engouement pour le yiddish ? Beaucoup de participants à ces cours de langue viennent d’Allemagne, d’Europe de l’Est, des Etats-Unis (linguistes, juristes débutants, historiens ou professeurs). Ainsi Philipp Schäfer cherche « le lien linguistique à la langue allemande ». Après son examen de droit, le Berlinois veut étudier le yiddish. Kinga Czuchraj écrit une thèse en Pologne sur la littérature enfantine yiddish. Pour beaucoup, il importe de conserver la culture d’Europe de l’Est. Par exemple pour Heina Wirth-Nescher. Elle étudie l’influence yiddish sur la littérature américaine, donc connaître le yiddish permet des recherches plus approfondies.

En liaison avec le mouvement des ouvriers il est utile de connaître le yiddish, selon Wirth Nesher. En effet comme les premiers syndicats ont été crées par des Juifs russes, ils ont rédigé leurs compte-rendus dans leur langue. Une des têtes pensantes du mouvement de Martin Luther King, l’éthicien juif Abraham Heschel a rédigé ses écrits en yiddish. De même le prix Nobel de littérature Samuel Bellow.

Le yiddish avait disparu, interdit en Europe de l’Est après la Deuxième Guerre mondiale. Et considéré en Israël comme langue de ghetto. Mais Wirth-Nesher pense que ce n’est pas un hasard, cet engouement à Tel Aviv, « Tel Aviv étant le premier centre juif séculaire et le yiddish constituant le nerf de la culture juive laïque ». On ne sait pas actuellement combien de Juifs parlent le yiddish, certains disent 3 millions, d’autres seulement quelques centaines de milliers. Ce qui est sûr, c’est que les Juifs qui se servent de la langue allemande avec ses influences hébraïques et slaves, ont besoin de l’étudier et, fait étonnant, de nombreux jeunes (moins de trente ans) y participent aussi.


III

Nous nous attacherons à une soixantaine de mots les plus connus d’origine yiddish dans la langue allemande. Ce chapitre s’adresse plus particulièrement à un public de lecteurs ayant une connaissance certaine de l'allemand tant dans l’orthographie que dans la prononciation. Dans notre étude nous verrons que de nombreux mots et expressions se retrouvent dans le langage décontracté, de la vie courante, du langage des truands et dans les dialectes bavarois et berlinois ainsi que dans l’autrichien.

Die Abzocke der Abzocker, die Abzockerin, abzocken. Nous avons affaire ici à du langage décontracté. La base est le verbe zocken en yiddish z(sh)ocken jouer à des jeux de hasards. Ce vocabulaire fait partie du langage des truands on dérobe de l’argent ou des biens.

Ausgekocht vient du yiddish kochenem planifier, prévoir s’utilise en allemand dans le langage courant et signifie bien préparé raffiné

Baldowern vient du yiddish baal le maître et davar, dowor la chose signifie maîtriser son sujet on retrouve baldowern dans le langage des truands.

Beisel, Beisl (das) vient du yiddish «bajis » Haus maison en hebreu bajit. On retrouve ce mot dans l’autrichien. Cela correspond à une auberge modeste mais c’est du langage de tous les jours.

Betucht provient du yiddish betu, de l’hébreu betuah (en sécurité)signifie qui a du bien, à qui on peut accorder foi.

Buhei ou Bohei probablement du yiddish behelo = Schreck effroi signifie le brui. On retrouve dans Buhrufe des cris quand on trouve le spectacle de mauvaise qualité.

Die Chuzpe vient du yiddish chuzpo signifie l’impudence.

Dufte qui a le sens de première qualité, extraordinaire. Vient du yiddish toffte s’utilise dans le langage courant ou en berlinois.

Einseifen tromper vient du langage très décontracté beseibeln tromper et au-delà du yiddish seiwel,seibel (purin, saleté)

Der Ganove der ganew (en autrichien) le truand vient du yiddish ganew

Der Gauner à l’origine celui qui triche vient du yiddish jonier = le grec

Der Großkotz celui qui se fait valoir un vantard vient du yiddish großkotzen homme très riche, vantard et peut-être de l’hebreu qazin le guide utilisé dans le langage courant avec une nuance péjorative.

Das Kaff un trou perdu un lieu éloigné de tout, vient du yiddish kefar village

Der Kaffer l’idiot vient du yiddish kapher le paysan

Der Kassiber langage des truands (on retrouve ce mot dans « la résistible ascension d’Arturo Ui » de Bertolt Brecht)du yiddish kessaw pluriel kessowim un écrit ketawim en hébreu donc un ecrit caché, interdit (d’un prisonnier à un autre)

Kess déluré du yiddish chess huit la huitième lettre de l’alphabet qui a de l’esprit chochem.

Der Kies en langage négligé des truands le blé vient de l’hébreu kis=argent, proie

Knast (der), Kluft (die) prison vient du yiddish Knas, de l'hebreu genas peine juridique

Koscher vient du yiddish koscher irréprochable de l'hebreu kaser s'applique à la nourriture cuite selon les rites juifs.

Kohl (der) dans le langage étudiant, négligé ou péjoratif nonsens rumeur vient du yiddish kol

Levkoje (die) vient du yiddish lew cœur et goje (non juif ou chretien) signification du mot giroflée

Leviathan(der) de l'hebreu liwiatan animal fantasmagorique

Macke (die) du yiddish macke un coup et en hebreu makkä le défaut signification une case en moins

Maloche (die) malochen trimer du yiddish melochnen de l'hebreu melaka travail

Massel (der) ou Masel (das) la chance en langage négligé ou en bavarois ,autrichien. Vient du yiddish massel de l'hebreu mazzal l'étoile

Mauern bloquer qqc par peur vient du yiddish mora la peur

Mauscheln dans le langage de Moïse vient du yiddish mossele, mauschele donc incompréhensible pour les autres au sens figuré se mettre d'accord sur le dos d'un tiers

Meschugge timbré fou du yiddish meschuggo de l'hebreu mesuger

mies langage péjoratif moche du yiddish mis répugnant de l'hébreu meis

Mischpoke, Miscpoche(die) la famille l'ensemble des parents la la parenté du yiddish mischpocho et de l'hébreu mispahä en langage négligé et péjoratif une mauvaise société un groupe de gens peu recommandables.

Moos (das) le blé en langage négligé des truands vient du yiddish moo le sou et au pluriel moos mous de l'hébreu maot pièce de monnaie.

Mosern vient du yiddish massern dénoncer du langage des truands mossern rouspéter trouver à redire.

nebbich dommage malheureusement et en autrichien et quand bien même vient du yiddish mot de renforcement et par extension Nebbich(der) la personne à plaindre.

Pleite (die) fuite devant les créanciers vient du yiddish pleto, pletja en hebreu peletä fuite langage des truands ou négligé et par suite Pleitegeier (der) vient du yiddish geier=geher celui qui marche soit l'ombre de l'huissier.

Reibach gros gains vient du yiddishrewach les intérêts et de l'hébreu rewah utilisé en langage négligé.

Schachern marchander en langage des truands vient de l'hébreu sakar faire du commerce.

Beschickert légèrement pompette vient du yiddish schickern boire.

Schickse(die) vient du yiddish une chretienne en hebreu segez impure s'emploie en langage négligé péjoratif une fille de mauvaise vie et pour les Juifs une nonjuive.

Schlamassel (der) la malchance le contraire de Massel Schmöcke répandu avec le théâtre comique de G. Freytag péjoratif un journaliste peu crédible.

Schmonzes du yiddish schmonzes nonsens péjoratif verbiage rumeurs

Schmus (der) vient du yiddish schmuos verbiage histoire inventée d'ou le sens de flatterie qui peut aller jusqu'au baiser.

schofel vient de l'hébreu safal,du yiddish schophol bas ou la bassesse Schofel(der) vient du yiddish schofel l'antisemite signifie une mauvaise marchandise, une personne vulgaire.

Schote (der)(die) vient du yiddish schôte, schaute et de l'hebreu sotë le fou d'où la signification l'idiot du village.

Stuss (der) vient du yiddishstuss de l'hébreu setu nonsens d'où une expression une action insensée.

Tinnef (der) vient du yiddish tinnef hébreu tinnuf le purin, la merde d'où une chose sans valeur.

Tohuwabohu (das) vient du yiddish et l'hébreu to hu wavohu le desert, le chaos d'où la signification le tohubohu ou la pagaille.

Verkohlen du yiddish kol les bruits, la rumeur a la signification de tromper

Vermasseln cf massel enlever la chance d'où détruire

Zoff (der) la dispute vient du yiddish zoff et de l'hébreu soff fin peu agréable d'ou la signification de dispute.

Après avoir comparé des mots, nous allons nous attacher à des expressions.

Nous faisons une constatation: beaucoup d'expressions se retrouvent dans le dialecte berlinois ou le langage autrichien on trouve de nombreux réemplois dans dans les piéces de Bertolt Brecht notamment dans "la résistible ascension d'Arturo Ui"(n'oublions pas le Berliner Ensemble à Berlin) et le roman "Berlin Alexanderplatz" d'Alfred Döblin.

Scharegass la rue des ciseaux en allemand die Schere les ciseaux et die Gasse la ruelle

Metzjergass Rue des bouchers en allemand der Metzger le boucher

Ganseplatzel Rue des oies en allemand die Gans l'oie et der Platz la place

Etwas aus Daffke tun faire quelque chose de façon déterminée, par provocation. Vient du yiddish dawko, dafke ou du juif dawke,daffka ou de l'hébreu dawka allez, on y va

Du hast eine Macke dans le langage courant vient du yiddish Macke, de l'hébreu makkä coup, il te manque une case ou le moteur a un problème der Motor hat eine Macke

Etwas aus Rochus, Roges, Rauges, Roches tun faire quelque chose par colère

Du yiddish roges colère en dialecte de Francfort der hat awewer en Roches uff mich fait partie du langage familier rogesen, raugesen juif familier mettre quelqu'un en colère

Schacher treiben faire du commerce du yiddish sochern schachern langage des truands et péjoratif.

Schmiere stehen monter la garde vient du yiddish schmiro la garde s'emploie en juif familier ou en langage des truands, die Schmiere rufen dans la police appeler la garde

Schmu machen tromper vient du yiddish schmuo machen faire des gains en juif familier gain illégal dans la confection des petits morceaux de tissu que le tailleur garde pour lui dans la vente d'une pièce de tissu, mais il ne manquera rien dans la confection des costumes.

Tacheles reden du yiddish tachlis tachlit but final, perfection en juif familier tachlis, tachles résultat pratique d'où la signification parler franchement on retrouve Tacheles reden en autrichien.

 


 

IV

Pour compléter l'exploration concrète du vocabulaire, on va s'attacher maintenant à la comparaison de parties du texte. On va comparer des extraits de trois chansons: on trouve les textes sur le site http://www.klesmer-musik.de.

1-Avreyml : On s'attachera à la première et quatrième strophe on constatera que a heim présente une forte ressemblance avec daheim et on avec ohne ikh correspond à ich(qu'on retrouve dans le dialecte berlinois,JFK a dit ikh bin a Berliner a-t'il parlé en yiddish ou en dialecte berlinois yung correspond à jung on retrouve cette ressemblance dans yon et Jahre aroys pour heraus a correspond au e o au a et y au u , ay correspond à la diphtongue ei on les retrouve dans vayt=weit et draytsn =dreizehn ts correspond à z et le e dans la partie finale est élidé tsn getribn, oygn ce mot illustre toutes mes remarques ci-dessus o=>a, y=>u, gn=>gen

On en vient à la quatrème strophe a groyser kinstler on retrouve Künstler le i correspondant au U plus Umlaut, arbet => arbeitet avec le mot yiddish on retrouve la prononciation autricienne du ein on la retrouve aussi dans vielleicht, laykht un zikher=> leicht und sicher a zeltener talent => ein seltener Talent a=>ein(on se rapproche de l'anglais)z=> la lettre s et kh =>ch et dans une autre chanson que je me propose d'étudier zingt=> singt, for=>fahre o=>a oyf=>auf shmutsike=>schmutzige ts=>z hob=>hab lib=lieb magnatn mentshn les e disparaissent comme en fin de geblibn voir ci-dessus mentshn on retrouve Menschen mazik vient de mazikeen => lucifer dans la bible hébraïque

2- Yankele : On s'attachera à la première strophe shlof =>schlaf le O en yiddish correspond au a on retrouve cette tendance dans l'autrichien et l'allemand du sud on s'attachera à deux mots similaires par leur contruction yankele et yingele la terminaison ele rappelle le diminutif ele en allemand du sud ou autrichien nestele petit nid on retrouvera cette forme dans la marque de chocolat suisse nestlé le e ayant été elidé comme vu précedemment a yingele einem Kindche on reconnaît Junge (i=> u cf ci-dessus donc la transcription en allemand correspond à un dimminutif lein dans les régions du sud. Junge c'est l'enfant masculin (pour les Juifs, l'élément masculin prévaut, cf mazeltov) nokh=>noch le kh correspondant à ch makh=>mach tsu=>zu ts correspond à Z en allemand, même prononciation

3- Bay mir bistu sheyn : On s'attachera aux quatre premières lignes du refrain. Bay et tayerer ay=> ei et eu bei et teuerer ay correspond à deux diphtongues ei et eu bistu hostu et velt. Si on accepte l'idée de la simplification de la langue pour les femmes ces mots et groupes de mots s'écrivent comme ils se prononcent en allemand bist du hast du et welt. On retrouve fun qui correspond à als, le corrélatif du comparatif de supériorité et à la préposition von kheyn=>charme kh=>ch git=>gut le i pour leU allemand oyf=>auf o=>a y=>u et f on retrouve ailleurs zog=> sag le z correspond au S allemand le O =>a et on arrive tout naturellement à sag

Pour terminer cette étude, j’invite les lecteurs à consulter les sites suivants youtube pour les chansons et www.yiddishkurs.org afin d’entendre la prononciation et d’approfondir cette étude par une approche orale des mots, des phrases complètes et des textes de chansons.

Ainsi on appréhendera mieux les similitudes, on sera plus à même de comprendre les textes en yiddish et peut-être l’envie naîtra-t’elle de suivre un cours de yiddish et/ou d’entreprendre un voyage en Israël à Tel Aviv.

 


 

Bibliographie

Finalement j’adresse mes remerciements à Monsieur Christoph KODRON, retraité, chercheur sociologue au DIPF à Frankfurt/Main (Allemagne) pour son aide efficace.

 


 

Claudine Bats, claudine.bats@wanadoo.fr, Professeur d'allemand retraité, Cahors

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